
Il faut souligner que l'implantation des villages
est différente de l'implantation de la ville de Cercina. Alors que
celle-ci était implantée principalement sur la côte Nord et s'est
développée d'Est en Ouest et en direction de la côte Sud jusqu'à Sidi Hadj
Attaouil. Cette implantation face au continent s'explique par la facilité
d'accès à partir du continent qui a été exploitée depuis les Phéniciens
jusqu'à nos jours. Elle servait également à prévenir et à résister aux
multiples invasions venues du Nord.
Les nouveaux villages seront au contraire implantés
sur la côte Sud, pour faire face aux invasions venues d'Italie et de
Grèce. Elle s'explique également par la présence des bancs de sable qui
interdisent l'accostage de grosses barques et donc les invasions venant de
Lampedosa, de Sicile. Certains villages sont installés à l'intérieur des
terres (Remla, En Najet et Mellita)
Le peuplement des îles s'est effectué à l'aide
d'envahisseurs italiens, grecs, maltais, turcs et d'immigrants venant
probablement du Sahel et de Djerba , de Zarzis, voire même de
Libye.
Ainsi s'explique le fait qu'il n'y ait pas de type
kerkénien mais plutôt un melting pot; mais par contre il existe bien une
culture kerkénienne partagée par tous les insulaires.
Selon les dires des anciens le village d'Ouled Bou
Ali serait le village le plus ancien. On l'appelait El Wassita qui veut
dire le Centre et le Conciliateur. En effet le village d'Ouled Bou Ali est
situé à mi-chemin des autres villages et abrite le souk du vendredi qui
était le rendez-vous des habitants de l'archipel. Il y avait également
l'unique café turc de l'archipel où se réunissait le comité des sages. De
toutes parts on s'y rendait pour le règlement des litiges de toute nature.
D'ailleurs la justice était rendue à Ouled Bou Ali jusqu'en
1954.
Dar Chelly à Ouled Bou Ali.